La clarinette dérive d’un instrument à anche simple appelé chalumeau, dont l’existence est attestée dès le Moyen Âge et qui est très usité durant la Renaissance. Décrit par Marin Mersenne dans son Harmonie universelle, contenant la théorie et la pratique de la musique (1636), il se compose d’un tuyau cylindrique en roseau ou en buis et d’une anche battante, en roseau. Le chalumeau ne pouvait produire que des sons fondamentaux. Au début du XVIIIe siècle, l’Allemand Johann Christoph Denner (1655-1707), facteur établi à Nuremberg, lui ajoute deux clefs et remplace le tube qui renferme l’anche par un bec monté sur un tuyau : le contact direct des lèvres sur l’anche permet de produire des sons harmoniques et ainsi de combler les trous de l’échelle sonore. En 1754, un des fils de Johann Christoph Denner, Johann David Denner (1691-1764), ajoute une troisième clef, allonge le tube et dote l’instrument d’un pavillon qui le fait ressembler à un clarino (petite trompette) : le nom de clarinette, qui apparaît au XVIIIe siècle, en dérive.

En 1815, le facteur d’origine russe Ivan Müller vient présenter à Paris un nouveau modèle : dotée d’un ingénieux système de treize clefs, la clarinette de Müller permet pour la première fois de boucher certains trous qui étaient jusque-là inaccessibles aux doigts de l’instrumentiste. En 1844, le compositeur et facteur allemand Theobald Boehm conçoit un ingénieux système d’anneaux mobiles permettant d’actionner de nouvelles clefs : cette clarinette d’un genre nouveau procure une grande homogénéité dans le passage des registres et permet de jouer avec aisance des passages chromatiques. Boehm est l’inventeur de la clarinette moderne, qui n’a subi presque aucune modification depuis le milieu du XIXe siècle.

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